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Les dernières actus #1 : agréments fintechs 📜, crédit digital 🤑, rapport sur l’open banking 📖, et bien plus encore.
Vendredi 23 mai 2025

Sommaire

Régulation
1. UEMOA : Nouveau départ pour les fintechs, la BCEAO impose sa loi

Captures des annonces
L’entrée en vigueur effective, au 1er mai 2025, de l’instruction n°001-01-2024 de la BCEAO relative aux services de paiement dans l’UEMOA constitue un jalon structurant pour l’industrie régionale des fintechs et des services financiers. Cette échéance, repoussée à plusieurs reprises pour permettre une mise en conformité progressive, a révélé la rigueur et la sélectivité du nouveau cadre réglementaire : seules neuf fintechs ont été agréées à la date butoir, sur l’ensemble des huit pays de l’Union, illustrant la complexité du processus. Il s’agit notamment de :
InTouch, qui a obtenu l’agrément d’Établissement de Paiement (EDP) en Côte d’Ivoire🇨🇮, au Mali 🇲🇱 et au Burkina Faso🇧🇫, et Établissement de Monnaie Électronique (EME) au Sénégal🇸🇳,
Julaya (EDP en Côte d’Ivoire🇨🇮),
iFUTUR (EDP au Niger🇳🇪) préparant son expansion régionale,
PayDunya (EDP au Sénégal🇸🇳),
Mikaty (EDP au Sénégal🇸🇳),
SycaPay (EDP en Côte d’Ivoire🇨🇮),
Quickpay (EDP au Sénégal🇸🇳),
Firstcom Global Payments (EDP en Côte d’Ivoire🇨🇮),
Bictorys (EDP au Sénégal🇸🇳) dont l’annonce vient d’être rendue publique.
Pour rappel, l’agrément d’Établissement de Paiement (EP) permet d’offrir des services comme les dépôts/retraits, la gestion de comptes, les paiements par carte ou mobile, les virements, les prélèvements, les transferts de fonds, l’émission/acquisition d’instruments de paiement, l’initiation de paiements et l’agrégation de comptes. Délivré par pays, il oblige les fintechs à obtenir un agrément distinct pour chaque État de l’UEMOA, renforçant la complexité et l’exclusivité de leur position.
Key takeaways 💡:

L’analyse de ce resserrement réglementaire met en lumière plusieurs dynamiques :
Renforcement de la sécurité et de la transparence : L’instruction impose des exigences accrues en matière de capital social, de gouvernance, de conformité et de lutte contre le blanchiment de capitaux, ce qui limite l’accès au marché aux acteurs les plus solides et crédibles.
Sélectivité accrue du marché : Le faible nombre d’agréments délivrés à ce jour traduit un filtrage important et une barrière à l’entrée élevée, susceptibles de favoriser la consolidation du secteur autour d’acteurs disposant de ressources et d’une structuration suffisantes.
Impact sur l’écosystème : La sortie du marché de nombreux opérateurs non conformes, parfois historiquement installés, va redistribuer les parts de marché et pourrait accélérer des mouvements de partenariats ou d’acquisitions, tout en renforçant la confiance des utilisateurs et des investisseurs dans le secteur.
Implications stratégiques : Les fintechs désormais agréées bénéficient d’un avantage compétitif certain, mais devront continuer à investir dans la conformité et l’innovation pour maintenir leur position sur un marché désormais plus réglementé et surveillé.
Lancement
2. Bloom : une nouvelle offre de carte prépayée digitale en Côte d’Ivoire 🇨🇮

Appli Bloom
Dans la foulée de l’obtention de son agrément d’Établissement de Paiement (EDP) délivré par la BCEAO, la fintech ivoirienne Firstcom dévoile Bloom, sa première offre commerciale. Bloom est une carte prépayée et carte-cadeau 100 % digitale, brandée Mastercard et distribuée en partenariat avec GT Bank. Accessible instantanément via une interface mobile, elle permet de régler des achats en ligne ou en magasin, d’envoyer de l’argent ou d’offrir des cartes-cadeaux personnalisées, le tout sans nécessité de compte bancaire traditionnel. Cette solution vise à démocratiser l’accès aux paiements digitaux pour les particuliers, les entreprises et les commerçants en Côte d’Ivoire et, à terme, dans toute l’Afrique de l’Ouest.
À la tête de Firstcom et du projet Bloom, Souleymane Diallo, entrepreneur sénégalais, apporte près de trente ans d’expérience dans les télécoms et les services financiers numériques sur le continent. Avant de fonder Firstcom, il a occupé des postes de direction chez Zamani Telecom au Niger, Telecel Mali, Etisalat Gabon, Moov Gabon, Azur Telecom en Centrafrique, Millicom au Sénégal, en Sierra Leone et en Tanzanie, ainsi qu’au sein d’IBM et de Western Union.
Lors d’une interview accordée à Digital Magazine, Souleymane Diallo a décrit plus en profondeur le fonctionnement du service. Concrètement, l’utilisateur pourra générer sa propre carte pour des achats ou en offrir une à un tiers par simple envoi via WhatsApp : la personne reçoit une notification, télécharge l’application, visualise sa carte personnalisée et peut immédiatement payer chez n’importe quel commerçant acceptant Mastercard, localement ou à l’international.
La stratégie de Firstcom ne s’arrête pas au grand public. Le programme Bloom Business permettra aux sociétés d’émettre des cartes pour leurs employés ou leurs clients, qu’il s’agisse d’avantages salariaux, de cartes de fidélité ou d’incentives ponctuels. Pour soutenir l’adoption, la fintech tisse un réseau de partenaires – restaurants, hôtels, boutiques – auprès desquels les détenteurs de cartes profiteront de remises exclusives, créant ainsi un cercle vertueux entre l’écosystème marchand et la base d’utilisateurs.
Le compte à rebours est enclenché : l’application sera disponible dans les prochains jours sur Android et iOS.
Déploiement
3. PalmPay prépare son arrivée en Côte d’Ivoire 🇨🇮 et accélère son expansion

PalmPay
PalmPay, la fintech nigériane spécialisée dans le mobile money, a officiellement annoncé son intention de s’implanter en Côte d’Ivoire, ainsi qu’en Afrique du Sud, en Ouganda et en Tanzanie, d’ici la fin 2025. Cette expansion s’inscrit dans la continuité d’une dynamique très forte au Nigeria, où PalmPay a traité plus de 15 millions de transactions quotidiennes au premier trimestre 2025 et revendique désormais plus de 35 millions d’utilisateurs, avec une moyenne de 50 transactions par utilisateur chaque mois.
Déjà présente au Ghana et au Kenya, PalmPay ambitionne ainsi de devenir un acteur panafricain de référence, en s’appuyant sur son modèle de “super-app” qui combine paiements, transferts, services bancaires, investissement et assurance via des partenariats multiples. L’offre exacte de PalmPay pour ces nouveaux marchés n’a pas encore été détaillée, à l’exception de la Tanzanie où des services B2B sont prévus. Cette stratégie d’expansion pourrait également préparer le terrain à une éventuelle introduction en bourse (IPO), selon les déclarations de la direction. PalmPay mise sur la fiabilité de sa plateforme, son expérience du marché nigérian et sa capacité à offrir des produits innovants (épargne rémunérée, cartes de débit, intégration de services d’assurance et d’investissement) pour s’imposer face aux acteurs présents sur les marchés visés.
L’implantation de PalmPay en Côte d’Ivoire 🇨🇮 et sur les autres marchés visés, revêt un caractère hautement stratégique pour plusieurs raisons :
Effet de levier Transsion : PalmPay bénéficie d’un partenariat unique avec Transsion Holdings, leader du marché africain du smartphone via les marques Tecno, Infinix et Itel. Ce partenariat permet à l’application PalmPay d’être préinstallée sur des millions de téléphones vendus chaque année en Afrique, offrant ainsi un accès immédiat à une large base d’utilisateurs et accélérant considérablement l’adoption de ses services. Dès son lancement, l’objectif affiché était d’être présent sur 20 millions de téléphones, une stratégie qui a contribué à son succès rapide au Nigeria.

Copyright © Innogence Consulting
Soutien financier et technologique : PalmPay est soutenue par Transsnet Group, une coentreprise entre Transsion et NetEase, ce qui lui assure des moyens financiers importants et une capacité d’innovation soutenue. Ce soutien a permis à PalmPay de lever 40 millions de dollars dès ses débuts pour financer son expansion et développer une infrastructure robuste et scalable.
Modèle de super-app et diversification de l’offre : PalmPay adopte un modèle de super-app, intégrant paiements, transferts, épargne, assurance, investissement et bientôt des services B2B. Cette polyvalence lui permet de répondre à une large gamme de besoins financiers et de fidéliser ses utilisateurs, tout en créant de multiples sources de revenus.
Contexte concurrentiel : L’entrée sur des marchés dominés par des acteurs bien établis (Orange Money, Wave, MTN, Djamo, Airtel, TymeBank…) nécessite une différenciation forte. L’effet de réseau généré par la préinstallation de l’application, combiné à une expérience utilisateur optimisée et à des offres innovantes, positionne PalmPay comme un challenger crédible capable de capter rapidement des parts de marché.

Crédit
4. Djamo innove avec le lancement d’une offre de microcrédit digital 🤑

Appli Djamo
La fintech Djamo, élue meilleure appli bancaire ivoirienne en 2024, vient de démarrer le lancement en phase pilote de son service de microcrédit 100 % digital, accessible directement depuis son application mobile. Avec “Crédit Djamo”, les utilisateurs éligibles peuvent désormais solliciter un prêt instantané, dont le montant et les conditions sont adaptés à leur profil socio-professionnel, à leurs revenus et à leur comportement financier. Le remboursement s’effectue sur une période de 30 jours, avec un plafond de crédit évolutif.
Le service repose sur un algorithme de scoring comportemental de nouvelle génération, probablement développé en partenariat avec la fintech Rubyx, spécialiste du scoring digital en Afrique. Cet algorithme analyse en temps réel la santé financière de l’utilisateur, en prenant en compte des éléments tels que la stabilité des revenus, la gestion régulière du compte ou encore l’absence de comportements à risque. Cette approche vise à limiter les risques de défaut tout en ouvrant l’accès au crédit à des profils traditionnellement exclus des circuits bancaires.
L’initiative marque également une étape préparatoire en vue de l’obtention d’une licence bancaire, qui permettrait à Djamo de lever certaines limitations réglementaires et d’offrir une gamme encore plus complète de produits financiers.

Capture de demande crédit Djamo - Copyright © Innogence Consulting
Points clés à retenir
Djamo s’attaque frontalement au marché du microcrédit digital, dominé jusqu’ici par les IMF et les telcos
La fintech entre donc en concurrence directe avec des produits tels que Tik Tak d’Orange Bank Africa, qui a déjà séduit plus de 1,2 million de clients en Côte d’Ivoire, avec plus de 220 milliards FCFA de crédits octroyés depuis 2020.Un enjeu stratégique pour Djamo : diversification et fidélisation
Ce nouveau service représente un levier majeur pour renforcer la fidélité de la base utilisateurs de Djamo (plus de 1 million de clients à date), diversifier ses revenus et accélérer sa transformation en néobanque régionale.Vers une nouvelle ère du crédit digital et du BNPL en Afrique de l’Ouest
L’initiative de Djamo marque le début d’une nouvelle phase pour la finance digitale Ouest-africaine : le microcrédit, les solutions “Buy Now, Pay Later” (BNPL) et d’autres produits de financement instantané devraient se multiplier, portés par la demande croissante de solutions flexibles et accessibles.Un signal fort pour l’écosystème financier régional
Le lancement du microcrédit digital par Djamo intervient dans un contexte de forte dynamique : la fintech vient de lever 17 millions de dollars pour soutenir son expansion et le développement de nouveaux produits. Cette actualité confirme la vitalité de la fintech ivoirienne et la montée en puissance d’acteurs capables de rivaliser avec les géants du secteur.
Crédit
5. MTN Bénin franchit le cap du million d’utilisateurs pour son prêt digital
MTN Bénin a séduit plus d’un million d’utilisateurs avec son service de microcrédit digital “Prêt Xpress”, accessible via son portefeuille mobile MoMo. Ce succès témoigne de l’essor rapide du crédit mobile auprès des populations non ou sous-bancarisées, notamment les petits entrepreneurs. Cependant, cette croissance relance le débat sur les plafonds réglementaires du mobile money au Bénin, limités à 2 millions FCFA par compte, que MTN appelle à relever pour favoriser l’inclusion financière, le développement des PME et la réduction de l’usage du cash dans l’économie nationale.
Crédit
6. Safaricom : un levier de croissance majeur porté par le microcrédit digital
L’exercice FY2025 de Safaricom confirme la dynamique de croissance du groupe, notamment grâce à la diversification de ses revenus et à la solidité de son écosystème digital. Le chiffre d’affaires total du groupe a progressé de 11,23 % pour atteindre environ 2,91 milliards USD (soit environ 13 899 milliards XOF), porté par une croissance à deux chiffres de M-PESA, dont les revenus ont bondi de 15,2 % à 1,21 milliard USD (environ 5 800 milliards XOF), représentant désormais plus de 40 % des revenus de service du groupe. Cette performance s’inscrit dans un contexte de renforcement de la base clientèle, qui atteint 57,08 millions de clients (+16,4 % sur un an) et 44,36 millions de clients actifs sur un mois (+17,7 %).
Les produits de microcrédit digital constituent un pilier central de la stratégie de Safaricom. L’offre se structure autour de quatre solutions principales, toutes intégrées à M-PESA. Fuliza est un service de découvert instantané permettant aux clients d’effectuer des transactions même en cas de solde insuffisant, avec un plafond personnalisé selon le profil et une tarification à l’usage. M-Shwari, développé en partenariat avec NCBA, combine compte d’épargne et microprêt accessible à partir de 0,75 USD (environ 3,4 XOF), remboursable sous 30 jours, avec un taux d’intérêt transparent. KCB M-PESA, en partenariat avec KCB Bank, propose des prêts de 0,75 USD à 7 500 USD (environ 3 375 000 XOF), également remboursables sous un mois, et vise aussi bien les particuliers que les micro-entrepreneurs. Enfin, les Business Loans ciblent les marchands utilisant Lipa Na M-PESA, leur offrant des crédits de trésorerie adaptés à leurs cycles d’activité.
La montée en puissance de ces produits se traduit par des chiffres impressionnants. En FY2025, le montant total prêté via les solutions de microcrédit atteint environ 16,5 milliards USD (soit environ 7 900 milliards XOF), soit une croissance de plus de 21 % sur un an, tandis que le nombre de clients bénéficiaires dépasse 13 millions. Fuliza reste le produit le plus populaire, avec près de 8 millions d’utilisateurs actifs et près de 7,4 milliards USD (environ 3 450 milliards XOF) prêtés sur l’année. Le taux de remboursement global s’est nettement amélioré, atteignant 102,8 %, signe d’une gestion rigoureuse du risque crédit et d’une discipline accrue des emprunteurs.

Nouveau Rapport 😄
7. Finance Modulaire & Open Banking : Décrypter les modèles européens pour anticiper l’Afrique de demain
L’Open Banking s’installe en Afrique, avec des réglementations émergentes au Nigeria, dans l’UEMOA, au Kenya ou en zone Cemac, ouvrant un accès sécurisé aux données bancaires. En Europe, la directive DSP2 a transformé cette contrainte réglementaire en un puissant levier d’innovation. C'est dans ce contexte que nous publions une note pour éclairer cette transition et ses opportunités.
Ce que vous y trouverez :
Quatre modèles d’intermédiation (plateforme intégrée, orchestrateur modulaire, interface spécialisée, plateforme « invisible »), illustrés par des acteurs tels que Revolut, N26, Qonto, Bankin’, Joko, Younited, etc. ;
Analyses claires et visuelles des mécanismes de création de valeur ;
Leçons de la DSP2 : comment la réglementation européenne a boosté la finance embarquée, l’agrégation de données et les services B2B « invisibles ».
Cette note a été rédigée à l'attention de tous les acteurs de l'écosystème à savoir les Banques et établissements de paiement devant choisir entre intégration, orchestration ou spécialisation ; les Fintechs ou EME à la recherche de niches rentables dans la nouvelle chaîne de valeur ouverte ; Régulateurs et investisseurs souhaitant s’appuyer sur un cadre éprouvé tout en tenant compte des spécificités locales.
Bonne lecture 😋
C’est tout pour cette semaine 🫡
Restons engagés, continuons à innover et à collaborer pour bâtir ensemble l’avenir des services financiers et numériques en Afrique. À la prochaine édition pour suivre, décrypter et anticiper les grandes évolutions de notre écosystème.
🏃♂️La Team Innogence
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