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Les dernières analyses #5 : naissance d'une néobanque francophone, un géant du paiement en RDC, Abidjan séduit le Nigéria, leasing pour smartphones au Bénin et stratégies de reconquêtes : une rentrée TMT plus que chargée

Ven 12 sept. 2025

Sommaire

  1. 🇨🇮 Djamo Finances SA commence le déploiement des comptes épargne après avoir officiellement été agréée IMF en Côte d’Ivoire

  2. 🇨🇩 Visa Pay : pourquoi l’offensive « over-the-top » de Visa est stratégique pour la RDC ?

  3. 🇨🇮 Zenith Bank choisit Abidjan pour son entrée en Afrique francophone : un mouvement qui rebat les cartes

  4. 🇰🇪 Kenya : Safaricom lance des bundles data + assurance + carburant pour structurer le secteur des chauffeurs

  5. 🇰🇪 Kenya Airways et Visa s’allient pour dynamiser les paiements dans l’industrie aérienne en Afrique de l’Est

  6. 🇬🇭 Ghana : Zenith Bank et Visa introduisent une solution de paiement dédiée aux flottes

  7. 🇧🇯 Bénin : Moov Africa et MTN misent sur le leasing alors que les ventes de smartphones en Afrique progressent de 7 % au T2 2025

Licences

1. 🇨🇮 Djamo Finances SA commence le déploiement des comptes épargne après avoir officiellement été agréée IMF en Côte d’Ivoire

© Djamo

Le 11 septembre 2025, Djamo a annoncé avoir obtenu l’agrément d’Institution de Microfinance (IMF) auprès de la BCEAO, une première pour une fintech en zone UMOA. Derrière cette reconnaissance officielle se joue plus qu’un changement de statut : Djamo sort de la dépendance exclusive à ses partenariats bancaires et gagne la capacité d’offrir des comptes de dépôt déplafonnés, de rémunérer l’épargne (jusqu’à 6%), de lancer du crédit digital en plus de la distribution déjà effective de produits d’investissement (notamment via NSIA Asset Management). Autrement dit, la trajectoire est claire: Djamo n’est pas encore officiellement une banque, mais coche désormais presque toutes les cases d’une néobanque en s’appuyant sur un cadre régulé qui lui donne davantage d’autonomie opérationnelle.

Le choix stratégique de la licence IMF

Pour devenir un établissement bancaire dans l’UMOA, il faut satisfaire à plusieurs exigences strictes parmi lesquelles un capital social minimum de 20 milliards FCFA depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, un seuil trop élevé à ce stade pour une startup qui a tout de même déjà levé un peu plus de 30 M$ au total (14 M$ en 2022 et 17 M$ en avril 2025). La voie de l’IMF était donc la porte d’entrée la plus accessible : elle ne confère pas toutes les prérogatives d’une banque (ex. chèque, virements internationaux…), mais autorise les dépôts, épargne rémunérée, crédit et autres moyens de paiement électroniques, soit l’essentiel pour servir des clients qui, jusqu’ici, se tournaient vers les acteurs traditionnels du secteur ou les services de mobile money. C’est donc le pari stratégique de Djamo : utiliser cette licence comme tremplin pour viser directement la clientèle bancaire (particuliers connectés, classes moyennes, jeunes actifs) avec une proposition digitale bien supérieure.

Un marché bancaire solide, mais dominé par quelques acteurs

À fin 2024, la Côte d’Ivoire comptait environ 7,7 millions de comptes bancaires, tandis que le Sénégal en totalisait 2,8 millions. Le marché reste largement dominé par des établissements traditionnels tels que Société Générale, NSIA, BACI, BNI, CBAO ou encore Ecobank.

© Innogence Consulting

Dans ce paysage, l’annonce de Djamo change la donne. Avec plus d’un million d’utilisateurs actifs entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal, Djamo rivalise déjà en volume avec les leaders du marché. En clair, seule Société Générale CI compte aujourd’hui plus de clients que Djamo. C’est un fait inédit : une fintech, à peine sortie de son statut de partenaire des banques (Ecobank, BGFI), atteint désormais la taille critique pour figurer parmi les tout premiers acteurs du marché bancaire/IMF en nombre d'usagers.

En termes d’implications stratégiques, l’impact attendu est considérable.

  • Pour les banques traditionnelles, l’attrition menace. Si Djamo convertit seulement 30 % de sa base en comptes principaux, elle se hisserait déjà au niveau des trois premiers acteurs ivoiriens.

  • Pour les IMF, Djamo devient un concurrent frontal : microcrédit digital rapide, coûts de distribution nuls, et une image de modernité difficile à égaler (bien que les montants de crédits accrodés restent pour l’heure très faibles).

  • Pour les clients, le standard de rapidité, de simplicité et de transparence est redéfini.

En clair, l’agrément ne confère pas seulement une légitimité : il change la hiérarchie concurrentielle. En combinant une application mobile jugée la plus innovante du marché, une base de clients déjà critique et un portefeuille produit complet (compte, épargne, crédit, investissement), Djamo a désormais tous les attributs pour bouleverser durablement l’équilibre établi. Pour les banques, l’heure n’est plus à l’observation mais à la réaction. Car l’histoire récente de Revolut, Nubank ou N26 le montre : une néobanque qui atteint la taille critique ne reste pas un outsider. Elle redessine les règles du jeu.

© Innogence Consulting

Lancement produit

2. 🇨🇩 Visa Pay : pourquoi l’offensive « over-the-top » de Visa est stratégique pour la RDC ?

© Visa, PlayStore

Visa a recemment choisi la RDC pour lancer Visa Pay, une application mobile-first qui permet d’envoyer et de recevoir de l’argent en quasi temps réel, en CDF comme en USD, d’effectuer des paiements en ligne via cartes virtuelles, ou encore de réaliser des opérations de cash-in / cash-out directement en agences bancaires. Disponible en standalone sur l’App Store et Google Play, l’application peut également être intégrée dans les solutions des banques partenaires, ce qui en fait une plateforme par nature agnostique. L’utilisateur conserve ainsi sa banque de référence, tandis que Visa apporte la couche d’interopérabilité, de sécurité (notamment via ses moteurs anti-fraude) et une expérience utilisateur unifiée.

Le déploiement initial s’appuie sur un premier cercle de huit institutions financières : Access Bank, BGFI, Equity Bank, FBN, Sofibanque, Solidaire Banque, TMB et UBA. Fait notable : Rawbank, leader du marché congolais, ne figure pas parmi les partenaires à ce stade.

Cette architecture « over-the-top », fédérant dès l’origine plusieurs banques, constitue précisément la proposition de valeur de Visa Pay : une application unique, au-dessus des silos bancaires et indépendante des réseaux mobiles, qui fluidifie l’usage et élargit l’accessibilité.

Une proposition en rupture avec les écosystèmes fermés

Ce positionnement contraste avec l’histoire récente du paiement mobile en Afrique et en RDC, où le marché s’est structuré autour d’écosystèmes fermés. Les opérateurs télécoms (Vodacom, Orange, Africell, Airtel) ont lancé leurs propres solutions de mobile money, tandis que banques et fintechs développaient des wallets propriétaires — PEPELE Mobile (TMB), RAKKACash (BGFI), Illico Cash (Rawbank). Ces initiatives ont jeté des bases solides, mais au prix d’une forte fragmentation : chaque solution évolue en silo, obligeant les clients à jongler entre plateformes non interopérables.

C’est dans ce contexte que Visa se démarque. Plutôt que d’imposer un outil propriétaire, Visa Pay adopte une logique fédératrice en s’appuyant dès le lancement sur plusieurs partenariats bancaires. L’application unique fluidifie l’expérience client, réduit les frictions et mutualise les coûts. Le modèle est vertueux : plus de banques intégrées = plus de cas d’usage, donc plus d’utilisateurs et d’attractivité. Pour les banques, Visa n’est pas un concurrent mais un relais ; pour Visa, la promesse est double : adoption massive et rôle central dans l’écosystème congolais des paiements.

La RDC : Un marché massif où tout reste à faire

Le choix de la RDC comme marché pilote est stratégique. Avec près de 57 millions d’adultes (109,3 millions d’habitant au total), c’est le plus grand marché francophone du monde, mais encore peu structuré : pas d’habitudes verrouillées, pas d’acteur dominant. Là où le Sénégal ou la Côte d’Ivoire sont déjà façonnés par des champions comme Wave ou Orange Money et par des infrastructures régionales (SPI, QR code…), la RDC offre un rare ‘champ libre’. Dans ce contexte de fragmentation, une solution fédératrice et crédible a toutes les chances de s’imposer rapidement comme standard du marché.

En RDC, la part des adultes détenteurs d’un compte formel, c’est-à-dire un compte auprès d’une banque, d’une IMF ou via un service de mobile money, n’est que de 39,2 %. Ce chiffre est deux fois inférieur au Sénégal (76,5 %) et presque trois fois inférieur au Kenya (90,1 %). Si l’on isole la part des adultes disposant d’un compte auprès d’une institution financière (banque ou IMF), le taux chute encore : seuls 13,5 % des adultes Congolais sont bancarisés de manière classique, contre près de la moitié des adultes au Sénégal (48 %) ou au Kenya (45,4 %).

© Innogence Consulting

Enfin, la part des adultes utilisateurs d’un compte de mobile money atteint 35,1 % en RDC. Ce taux reste très éloigné des niveaux observés au Ghana (78,3 %) ou au Kenya (87,5 %), où le mobile money s’est imposé comme la colonne vertébrale de l’inclusion.

Cette triple comparaison révèle un constat limpide : la RDC est structurellement sous-bancarisée et sous-digitalisée, bien en retrait de ses pairs régionaux. Mais c’est précisément cette situation qui crée une fenêtre stratégique pour Visa. Plutôt que d’arriver sur un marché saturé, Visa choisit un terrain où aucun acteur n’a encore imposé son standard. En fédérant plusieurs banques dès le lancement et en s’appuyant sur une application interopérable, Visa Pay peut transformer ce retard en opportunité : ramener progressivement des millions de Congolais dans le formel, au bénéfice des banques partenaires comme du développement de son propre écosystème.

Lorsqu’on regarde spécifiquement la part des adultes ayant effectué un paiement marchand de façon numérique, le constat est encore plus marqué : 7,4 % seulement en RDC, contre 37 % au Sénégal et 55,8 % au Kenya. Autrement dit, l’écrasante majorité des transactions quotidiennes se fait encore en cash.

L’achat en ligne, à 5,2 % des adultes, est lui aussi encore embryonnaire tandis que la part des adultes qui paient leurs factures via mobile ou Internet atteint seulement 3,9 % dans le pays, contre 40,4 % au Sénégal et 55 % au Kenya.

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Pris ensemble, ces indicateurs dressent donc le portrait d’un marché où les usages digitaux restent marginaux mais où le potentiel est colossal.

Enfin, il est bon de rappeler que si un taux moindre d’adultes possèdent un mobile en RDC (54% soit +30 millions de personnes) et 32 % utilisent Internet (+18 millions d’adultes), Ces taux, bien qu’inférieurs aux standards régionaux, représentent en valeur absolue une base numérique plus large que celle de nombreux marchés déjà avancés. C’est sur ce socle massif mais encore sous-exploité que tentera d’évoluer le groupe Visa.

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En Conclusion

  • Ce lancement de Visa Pay en RDC n’est pas une expérimentation marginale : c’est un pari stratégique. Là où d’autres marchés africains sont déjà saturés par des champions locaux, la RDC offre une combinaison unique : une démographie de masse, des usages encore embryonnaires, et une fragmentation des acteurs qui laisse place à un fédérateur. Dans ce vide relatif, Visa a choisi de poser ses rails avec une approche « over-the-top », au-dessus des banques et des silos existants, en mutualisant les efforts et en réduisant les frictions.

  • Le bénéfice est double. Pour les banques partenaires, Visa Pay représente un moyen d’élargir leur base clients sans porter seules le coût d’acquisition. Pour Visa, c’est l’opportunité de devenir la couche d’interopérabilité incontournable du système financier congolais.

Ouverture bureaux

3. 🇨🇮 Zenith Bank choisit Abidjan pour son entrée en Afrique francophone : un mouvement qui rebat les cartes

© Zenith Bank

Zenith Bank, l’un des plus grands groupes bancaires nigérians, a officialisé son implantation en Côte d’Ivoire après avoir obtenu l’agrément de la BCEAO. Ce choix stratégique positionne Abidjan comme la tête de pont de son expansion en Afrique francophone et confirme le rôle de la capitale économique ivoirienne comme hub bancaire régional. Avec près de 36 % des actifs de l’UMOA et plus de 25 000 milliards FCFA de bilan consolidé, la Côte d’Ivoire est aujourd’hui le marché le plus convoité de la sous-région.

L’entrée de Zenith doit être analysée à la lumière de l’équilibre actuel des forces dans l’Union. Le paysage bancaire ouest-africain reste dominé par trois blocs : les groupes endogènes de l’UMOA, qui contrôlent près de 40 % des actifs ; les banques maghrébines, emmenées par les conglomérats marocains (Attijariwafa bank, BCP, BOA), qui détiennent environ un quart du marché ; et les banques européennes, essentiellement françaises (Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole), dont la part s’établit autour de 9 %. En comparaison, les acteurs nigérians, bien qu’imposants à l’échelle continentale, ne pèsent qu’environ 4 % des actifs de l’UMOA. Mais cette présence marginale s’accompagne d’une rentabilité supérieure à leur taille, grâce à une expertise éprouvée en financement de grandes entreprises, en banque de transaction et en services digitaux.

© Innogence Consulting

C’est précisément dans cette brèche que s’inscrit Zenith Bank. En mobilisant la puissance de son bilan (plus de 29,6 milliards USD d’actifs, 67 % de croissance des bénéfices en 2024) et son savoir-faire en structuration de projets, la banque veut faire émerger un quatrième bloc concurrentiel : celui des groupes nigérians. Son arrivée à Abidjan pourrait accélérer l’ouverture du marché francophone à plus d’acteurs anglophones, longtemps restés en marge. L’opération ivoirienne n’est d’ailleurs qu’une première étape : Zenith Bank a déjà annoncé que le Cameroun figure parmi ses prochaines cibles, avec un investissement prévu dans la zone CEMAC grâce aux 228 millions USD levés début 2025, dont 40 % sont alloués à l’expansion internationale.

Lancement produit

4. 🇰🇪 Kenya : Safaricom lance des bundles data + assurance + carburant pour structurer le secteur des chauffeurs

© Safaricom

Safaricom propose désormais des forfaits spécialement pensés pour les conducteurs de moto-taxis (appelés boda boda au Kenya) et les chauffeurs VTC. Ces formules regroupent en un seul abonnement la connexion internet et téléphonique, une assurance santé et vie (fournie par Turaco avec le plan Tuunza Mapato), ainsi que des réductions sur le carburant dans certaines stations-service partenaires. L’objectif est de protéger une population de travailleurs indépendants souvent fragiles financièrement — exposés aux accidents, aux arrêts forcés et aux variations de revenus — tout en s’assurant qu’ils restent connectés en permanence aux plateformes de réservation.

Concrètement, un conducteur peut démarrer sa journée avec un petit pack à 50 shillings kényans (environ 0,40 $) couvrant voix et data, ou choisir une formule plus complète incluant assurance : 1 000 shillings la semaine (≈ 8 $) avec 8 Go de data, crédit voix et couverture santé, ou encore 2 000 shillings par mois (≈ 16 $) pour un chauffeur VTC, avec 25 Go, assurance et crédit voix. À cela s’ajoutent des bonus comme un meilleur accès aux applications de dispatch (qui attribuent les courses) et des remises sur le carburant.

La logique est simple : transformer des dépenses variables (connexion, carburant, couverture santé) en un coût mensuel prévisible. Cela aide les chauffeurs à stabiliser leurs revenus et réduit leur tentation de quitter la plateforme. Pour Safaricom, l’intérêt est de sécuriser un usage massif de données et d’augmenter le revenu moyen par client, tout en valorisant l’assurance si elle est perçue comme efficace grâce à des indemnisations rapides. Turaco, l’assureur, gagne un accès direct à une base très large avec des primes prélevées automatiquement dans le forfait, ce qui limite les abandons. Et les stations-service partenaires y trouvent un flux garanti de clients réguliers.

Banque - Fintech

5. 🇰🇪 Kenya Airways et Visa s’allient pour dynamiser les paiements dans l’industrie aérienne en Afrique de l’Est

© Kenya Airways

Kenya Airways et Visa ont récemment annoncé le lancement de cartes de crédit et de débit co-marquées. Ces cartes promettent de transformer le parcours voyageur en offrant un programme de fidélité intégré, des avantages exclusifs comme l’embarquement prioritaire, l’accès aux salons VIP et des franchises bagages élargies, tout en facilitant des paiements digitaux sécurisés pour les réservations et achats à bord.

Pour Kenya Airways, cette initiative s’inscrit dans une stratégie de modernisation digitale au cœur de laquelle figure l’amélioration du service client et la diversification des revenus, dans un contexte de reprise post-covid : la compagnie a transporté plus de 5,23 millions de passagers en 2024, sur un trafic aérien national total en croissance de 5,1 %, consolidant ainsi son rôle de hub régional sur 46 destinations mondiales, dont 80 % en Afrique.

Du côté de Visa, le partenariat représente une occasion majeure d’ancrage dans un marché aérien dynamique et une clientèle à fort potentiel — voyageurs d’affaires, touristes et diaspora — qui s’approprient rapidement les moyens de paiement numériques.

Avec une croissance projetée de 3,1 % par an pour le transport aérien au Kenya jusqu’en 2028, Visa devrait tirer parti de son expertise pour intégrer services de paiement, fidélisation et gestion client, à l’image de ses collaborations avec Emirates ou Qantas. Sous d’autres cieux, Mastercard et American Express ont adopté des stratégies comparables dans le secteur, en nouant des partenariats avec British Airways, Lufthansa, Delta Air Lines ou Air France-KLM.

Ces alliances démontrent qu’au-delà d’un simple levier marketing, les cartes co-marquées constituent un canal de croissance puissant, générant des données client stratégiques pour affiner offres et services.

Lancement

6. 🇬🇭 Ghana : Zenith Bank et Visa introduisent une solution de paiement dédiée aux flottes

© Zenith Bank

Zenith Bank Ghana, en partenariat avec Visa, vient de lancer Zenith Visa Fleet, une solution de paiement spécifiquement conçue pour optimiser la gestion des flottes d’entreprise. Au-delà du lancement produit, cette initiative illustre une tendance importante : l’intégration des outils financiers dans la gestion opérationnelle des entreprises africaines.

La carte, disponible en version crédit ou prépayée, combine sécurité renforcée (puce électronique et code PIN), acceptation multicanal et engagement environnemental, puisqu’elle est fabriquée à 84 % en matériaux biodégradables. Mais l’innovation ne se limite pas à la dimension technique. Le véritable enjeu se situe dans la capacité à transformer la gestion de flotte en un processus digitalisé et pilotable en temps réel.

Grâce à la solution, les entreprises peuvent suivre de manière granulaire les dépenses liées à leurs véhicules – carburant, entretien, réparations – définir des plafonds personnalisés, générer des rapports automatisés et réduire les risques de fraude. Autrement dit, Zenith Visa Fleet ne se contente pas d’offrir un moyen de paiement supplémentaire : elle apporte un outil de contrôle budgétaire et de responsabilisation des conducteurs, deux problématiques clés pour les sociétés de transport, de distribution et de logistique.

Pour Visa, cette initiative s’inscrit dans une logique d’expansion des cas d’usage B2B en Afrique de l’Ouest, un segment encore largement sous-exploité par rapport aux solutions de paiement grand public. Pour Zenith Bank, elle représente un levier de différenciation sur un marché bancaire ghanéen très compétitif, en adressant directement les besoins opérationnels des entreprises plutôt que de se limiter aux services financiers traditionnels.

En combinant innovation produit, digitalisation des processus et alignement avec les enjeux de durabilité, Zenith Visa Fleet se positionne donc comme un outil à la fois transactionnel et stratégique. Sa réussite dépendra de la capacité des deux partenaires à convaincre les grands gestionnaires de flotte d’intégrer cet outil dans leur chaîne de valeur, mais l’initiative illustre déjà la manière dont le paiement devient un vecteur de transformation opérationnelle en Afrique de l’Ouest.

Crédit

7. 🇧🇯 Bénin : Moov Africa et MTN misent sur le leasing alors que les ventes de smartphones en Afrique progressent de 7 % au T2 2025

© Moov et MTN

Le marché béninois des télécoms voit émerger une nouvelle bataille : celle de l’accès au smartphone. Après Moov Africa, qui a lancé une offre inédite de leasing en partenariat avec ZTE (ZTE A56 payable à 500 F/jour sur 3 mois), c’est désormais MTN Bénin qui déploie un dispositif similaire. L’opérateur propose deux modèles ZTE (A36 et A56), accessibles via un dépôt initial de 10 000 F et des paiements journaliers de 400 F, adossés à MoMo, assortis de bonus data.

Les conditions d’éligibilité restent proches : ancienneté de ligne, compte mobile money actif, identification validée. En clair, les deux opérateurs exploitent la même logique : réduire la barrière du coût d’entrée pour accélérer l’adoption de smartphones 4G et, par ricochet, stimuler l’usage de leurs services digitaux.

Cette annonce intervient dans un marché africain des smartphones en plein rebond. Au T2 2025, 19,2 millions d’unités ont été expédiées, soit +7 % sur un an. L’essor est particulièrement visible sur les segments d’entrée de gamme : les modèles à moins de 100 USD ont progressé de 38 %, preuve d’une demande soutenue pour des terminaux abordables.

© Innogence Consulting

Deux tendances dominent : la consolidation de TRANSSION comme leader incontesté sur l’entrée de gamme, et la montée rapide de challengers chinois comme Xiaomi (+32 %) et Honor (+161 %), qui accélèrent leur pénétration en Afrique grâce à des offres accessibles mais performantes.

Une initiative en phase avec le marché africain

Moov Africa et MTN convergent ainsi sur un même pari : si la bataille des tarifs du mobile money et de la data reste clé, elle se joue désormais en amont, sur l’accès au terminal. Celui qui permet au client de franchir le seuil du smartphone gagne mécaniquement un avantage sur l’adoption de ses services digitaux.

Pour le marché béninois, cela traduit une compétition renouvelée : l’acquisition d’un smartphone n’est plus seulement un achat individuel, mais un vecteur stratégique piloté par les opérateurs eux-mêmes. À l’échelle africaine, ces offres illustrent comment le leasing devient un outil structurant : en phase avec la dynamique des ventes, et décisif pour transformer des millions de clients potentiels en usagers actifs du numérique.

C’est tout pour ce numéro 🫡

Restons engagés, continuons à innover et à collaborer pour bâtir ensemble l’avenir des services financiers et numériques en Afrique. À la prochaine édition pour suivre, décrypter et anticiper les grandes évolutions de notre écosystème.

🏃‍♂️La Team Innogence

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