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- Les dernieÌres analyses #2 : Wave đ§ tenteÌ par la RDC, AXIAN entre au capital de Jumia đ, Contre-attaque Orange Money sur le B2Bđžđł, tontine digitale en GuineÌe đ°, creÌdit digital... et bien plus encore.
Les dernieÌres analyses #2 : Wave đ§ tenteÌ par la RDC, AXIAN entre au capital de Jumia đ, Contre-attaque Orange Money sur le B2Bđžđł, tontine digitale en GuineÌe đ°, creÌdit digital... et bien plus encore.
Mardi 10 juin 2025

Sommaire
Lancement
1. đšđ© [EXCLU] Wave prĂ©pare son entrĂ©e en RDC : un choc tarifaire imminent dans le secteur du mobile money

AprĂšs avoir profondĂ©ment reconfigurĂ© les marchĂ©s du SĂ©nĂ©gal, de la CĂŽte dâIvoire et du Mali, Wave sâapprĂȘte Ă pĂ©nĂ©trer la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, oĂč les prĂ©paratifs opĂ©rationnels sâaccĂ©lĂšrent : recrutement terrain, tests techniques et dĂ©marches rĂ©glementaires sont en cours selon plusieurs sources du marchĂ©.
Avec ses 100 millions dâhabitants et un taux de pĂ©nĂ©tration du mobile money toujours infĂ©rieur Ă 30,5 %, la RDC reprĂ©sente un terrain hautement stratĂ©gique pour le modĂšle de Wave, qui repose sur une combinaison de tarifs ultra-compĂ©titifs, dâune expĂ©rience client fluide via mobile, et dâun rĂ©seau dâagents trĂšs structurĂ©.
Analyse dâimpact :
LâentrĂ©e de Wave devrait provoquer un choc tarifaire majeur, avec des Ă©carts significatifs par rapport aux standards actuellement pratiquĂ©s par les principaux opĂ©rateurs locaux. Sur la base des tarifs historiques pratiquĂ©s par la fintech, les Ă©carts moyens sur les retraits atteindraient en faveur de Wave : +4,66 points face Ă Orange Money ; +4,86 points face Ă M-Pesa, ; +3,67 points face Ă Airtel Money.
Sur les transferts (envoi), les Ă©carts en faveur de Wave resteraient limitĂ©s sur Orange et M-Pesa (environ +0,3 point), mais deviendraient nuls face Ă Airtel Money, avec mĂȘme un diffĂ©rentiel en faveur dâAirtel Money sur les montants les plus importants.
Sur les retraits â cĆur de la rentabilitĂ© historique du mobile money â lâeffet de rupture est donc majeur, notamment sur les petits tickets, oĂč les commissions actuelles restent encore trĂšs Ă©levĂ©es.
LâarrivĂ©e de Wave pourrait rapidement forcer un alignement tarifaire massif, Ă lâimage de ce qui a Ă©tĂ© observĂ© au SĂ©nĂ©gal et en CĂŽte dâIvoire, oĂč les acteurs historiques ont dĂ» revoir lâintĂ©gralitĂ© de leur structure de commissions. Au-delĂ du pricing, Wave pourrait Ă©galement redessiner lâĂ©quilibre des rĂ©seaux dâagents multi-opĂ©rateurs, en cherchant Ă absorber directement une partie des agents terrain existants, suivant le modĂšle de dĂ©ploiement dĂ©jĂ expĂ©rimentĂ© Ă Dakar et Abidjan.
Cette offensive interviendrait dans un Ă©cosystĂšme congolais dĂ©jĂ dense et fragmentĂ©, oĂč coexistent les opĂ©rateurs historiques de mobile money, les banques commerciales dĂ©ployant leurs propres offres dâagency banking, les IMF, ainsi que des fintechs en pleine croissance.

© Innogence Consulting
Marché des télécoms
2. Data vs Voix : la bascule historique des tĂ©lĂ©coms africains sâaccĂ©lĂšre et la CĂŽte dâIvoire đšđź franchit un cap

© Innogence Consulting
La CĂŽte dâIvoire vient de franchir un cap symbolique dans lâĂ©volution de son marchĂ© mobile : pour la premiĂšre fois, les revenus issus de lâinternet mobile ont dĂ©passĂ© ceux de la voix. Selon le rapport T1 2025 de lâARTCI, la data mobile reprĂ©sente dĂ©sormais 50,1 % des revenus mobiles totaux (125,5 Mds FCFA sur 250,3 Mds FCFA), contre 49,9 % pour la voix et les autres services.
Orange CĂŽte dâIvoire domine le segment data avec 68,5 Mds FCFA de chiffre dâaffaires, suivi de Moov Africa (28,6 Mds FCFA) et de MTN (28,4 Mds FCFA). Une bascule structurelle largement tirĂ©e par la diffusion massive des smartphones, la montĂ©e en charge de la 4G et la croissance soutenue de la consommation data.
Comparatif régional :
Ce phĂ©nomĂšne nâest pas isolĂ© Ă la CĂŽte dâIvoire et amorce une recomposition progressive du mix revenus des opĂ©rateurs sur plusieurs marchĂ©s africains :
RDC : Les revenus issus de la data mobile (271 millions de dollars) surpassent nettement ceux gĂ©nĂ©rĂ©s par la voix (254 millions de dollars), ce qui confirme que la croissance du secteur data continue de sâaccĂ©lĂ©rer au dĂ©triment des services vocaux.
Ghana : MTN Ghana affiche dĂ©sormais 2,6 Mds de cedis issus de la data contre 2,3 Mds pour la voix sur 2024 â un basculement confirmĂ©.
Kenya : Safaricom reste encore légÚrement dominé par la voix (81,9 Mds KES) mais la data (78,5 Mds KES) connaßt une dynamique de croissance annuelle nettement supérieure (+16,5 % contre +1,8 % pour la voix), signalant un croisement imminent.
Nigeria : la voix reste majoritaire, mais la data progresse Ă trĂšs forte vitesse chez MTN Nigeria (+28,7 % de croissance annuelle sur la data au T1 2025).
Rwanda : la voix conserve une courte avance, mais la data représente déjà 74 % des revenus voix chez MTN Rwanda.
Partout, le mouvement est enclenchĂ© : la data devient progressivement le nouveau socle de rentabilitĂ© des tĂ©lĂ©coms africains, sous lâeffet combinĂ© de la digitalisation des usages, de la gĂ©nĂ©ralisation des rĂ©seaux 4G et de la baisse des prix des terminaux.
La CĂŽte dâIvoire et le Ghana confirment ainsi un changement de paradigme qui pourrait rebattre Ă terme les modĂšles Ă©conomiques historiques des opĂ©rateurs africains, longtemps bĂątis sur la voix.
Déploiement
3. đžđł Sonatel lance Digicaisse : une contre-offensive structurante face Ă Wave sur le terrain des commerçants informels

© Playstore
Face Ă la montĂ©e en puissance de Wave auprĂšs des agents et marchands, Sonatel (filiale dâOrange) lance Digicaisse, une solution de gestion commerciale pensĂ©e pour les petits commerçants et acteurs informels sĂ©nĂ©galais. Un positionnement stratĂ©gique qui vise Ă consolider la relation de proximitĂ© avec les marchands, tout en intĂ©grant progressivement les services financiers dâOrange Money dans les flux mĂ©tier quotidiens.
DĂ©veloppĂ©e en partenariat avec la startup Proboutik (issue du programme Orange FAB 2022), Digicaisse va bien au-delĂ de la simple application de paiement. La solution propose un vĂ©ritable companion tool digitalisĂ© pour la gestion dâactivitĂ© des commerçants informels :
Suivi des ventes, encaissements et décaissements, génération automatisée de reçus.
Gestion des créances clients/fournisseurs, avec alertes de paiement et enregistrements vocaux pour les utilisateurs non-lecteurs.
Suivi des stocks, incluant les dates de péremption.
AccĂšs Ă une marketplace de partenaires financiers (crĂ©dit, microfinance), facilitant lâaccĂšs au financement.
LâintĂ©gration dâune interface audio permet dâadresser directement les commerçants peu ou non alphabĂ©tisĂ©s, dĂ©mocratisant lâentrĂ©e dans la gestion digitale et ouvrant la voie Ă une formalisation progressive de leurs activitĂ©s.
Analyse :
Au-delĂ de la rĂ©ponse tactique Ă Wave, Digicaisse sâinscrit dans une logique dâintĂ©gration verticale inspirĂ©e des modĂšles internationaux comme Paytm en Inde : combiner gestion opĂ©rationnelle, paiement digital et accĂšs au financement dans une mĂȘme interface mĂ©tier. LĂ oĂč Paytm sâest appuyĂ© sur lâinfrastructure UPI indienne, Sonatel doit ici composer avec un marchĂ© africain encore fragmentĂ©, oĂč l'interopĂ©rabilitĂ© est encore en construction.
Dans ce contexte, la montĂ©e en puissance du SPI (SystĂšme de Paiement InstantanĂ©) de la BCEAO pourrait, Ă moyen terme, offrir un socle dâinfrastructures interopĂ©rables permettant Ă des solutions comme Digicaisse de fluidifier les rĂšglements entre marchands, clients et institutions financiĂšres, et d'accĂ©lĂ©rer lâintĂ©gration du secteur informel aux rĂ©seaux bancaires.
Lâenjeu pour Sonatel est double : prĂ©server sa position sur le segment des marchands, tout en structurant des bases de donnĂ©es transactionnelles fiables permettant, demain, dâĂ©largir lâoffre de services financiers et de mieux Ă©valuer les besoins de financement du secteur informel.
Crédit/Tontine
4. đŹđł FINAFRICA Microfinance GuinĂ©e lance une tontine digitale sur un modĂšle dâagency banking mobile

© Finafrica
FINAFRICA Microfinance GuinĂ©e (FMG) dĂ©ploie une solution de tontine digitale innovante, combinant Ă©pargne programmĂ©e et collecte mobile sur le terrain. Le dispositif cible les petits commerçants, travailleurs informels et salariĂ©s Ă faibles revenus, avec un mĂ©canisme dâĂ©pargne disciplinĂ©e et totalement adaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s cash du marchĂ© guinĂ©en.
Le fonctionnement repose sur un principe de collecte inversĂ©e de proximitĂ© : chaque jour, les collecteurs FMG se dĂ©placent physiquement auprĂšs des souscripteurs pour encaisser les mises en espĂšces, qui sont ensuite crĂ©ditĂ©es en temps rĂ©el sur les comptes bancaires du client via des TPE Android. Ă la souscription, le client dĂ©termine librement le montant de la mise (Ă partir de 10 000 GNF), la frĂ©quence (quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle) et la durĂ©e de lâĂ©pargne (cycles de 30 jours renouvelables). L'Ă©pargne reste disponible en fin de cycle, sans frais de retrait.
Au-delĂ de la logique produit, FINAFRICA introduit ici une mĂ©canique hybride qui sâinscrit dans une tendance plus large dâadaptation locale des modĂšles dâĂ©pargne assistĂ©e, dĂ©jĂ observĂ©e sur dâautres marchĂ©s Ă©mergents.
Lâapproche rappelle les logiques des chamas digitalisĂ©s au Kenya (Chamasoft, Chumz), des tontines automatisĂ©es en Inde (SaveIN, Khatabook) ou des modĂšles historiques dâagents itinĂ©rants en AmĂ©rique latine (Compartamos Banco, BancoSol). Mais lĂ oĂč ces solutions sâappuient souvent sur des infrastructures digitales plus matures, FMG conserve ici un ancrage terrain fort via les collecteurs mobiles, indispensable sur un marchĂ© encore largement cash et faiblement bancarisĂ©.
La tontine digitale devient ainsi pour FMG un vĂ©ritable outil de prĂ©-bancarisation de masse, combinant discipline dâĂ©pargne, sĂ©curisation des flux, et crĂ©ation progressive dâhistoriques transactionnels exploitables pour lâaccĂšs au crĂ©dit. Une logique pragmatique, extrĂȘmement alignĂ©e avec les rĂ©alitĂ©s opĂ©rationnelles du segment informel en Afrique de lâOuest.

© Finafrica
E-commerce
5. đAXIAN Telecom entre au capital de JUMIA : vers une convergence tĂ©lĂ©coms / e-commerce repensĂ©e

© Jumia
AXIAN Telecom fait son entrĂ©e au capital de JUMIA, Ă hauteur de 8 %, marquant un repositionnement stratĂ©gique significatif des opĂ©rateurs tĂ©lĂ©coms africains face au e-commerce. LĂ oĂč les actionnaires historiques (MTN, Orange, Rocket Internet) sâĂ©taient progressivement dĂ©sengagĂ©s ces derniĂšres annĂ©es, le groupe AXIAN adopte une lecture diffĂ©rente de lâĂ©quation digitale africaine.
Lâhistoire des tĂ©lĂ©coms dans JUMIA remonte Ă la crĂ©ation de la plateforme en 2012. DĂšs les dĂ©buts, MTN, Millicom (Tigo) et Orange avaient investi pour accompagner la montĂ©e en puissance du e-commerce, misant sur la croissance du mobile et des services de paiement digital (Orange Money, MTN Mobile Money) pour crĂ©er des synergies industrielles. Mais les performances financiĂšres longtemps dĂ©ficitaires de JUMIA, combinĂ©es Ă une stratĂ©gie de recentrage des grands groupes tĂ©lĂ©coms sur leur cĆur de mĂ©tier, ont conduit Ă une vague de cessions depuis 2019.
Avec AXIAN, câest une autre logique qui se dessine : celle de la convergence intĂ©grĂ©e. PrĂ©sent sur 9 marchĂ©s africains sur ses activitĂ©s tĂ©lĂ©coms, AXIAN cherche Ă maĂźtriser lâensemble de la chaĂźne de valeur numĂ©rique : connectivitĂ©, fintech, distribution physique et e-commerce. Ă travers JUMIA, le groupe dispose dĂ©sormais dâun levier pour Ă©largir ses Ă©cosystĂšmes de services, en connectant ses activitĂ©s de mobile money (notamment Mixx by Yas), de paiement digital et de logistique, et en proposant une expĂ©rience unifiĂ©e aux utilisateurs finaux.
Le modĂšle sâapparente aux stratĂ©gies d'intĂ©gration verticale dĂ©jĂ observĂ©es chez Safaricom/M-Pesa au Kenya, oĂč les frontiĂšres entre tĂ©lĂ©coms, services financiers et e-commerce deviennent de plus en plus poreuses. Sur un marchĂ© africain encore trĂšs fragmentĂ© â tant sur le plan logistique que rĂ©glementaire â cette alliance pourrait permettre de mutualiser les investissements, dâoptimiser la data et dâaccĂ©lĂ©rer lâadoption des usages digitaux au sein dâĂ©cosystĂšmes fermĂ©s, Ă forte rĂ©currence.
Au-delĂ dâune simple prise de participation financiĂšre, lâentrĂ©e dâAXIAN Telecom dans JUMIA illustre la montĂ©e en puissance de logiques panafricaines souveraines dans la recomposition des plateformes digitales du continent.
Lancement
6. đšđ© AprĂšs Wizall, Ken Kakena lance Mekka pour digitaliser les paiements B2B en Afrique francophone

© Mekka
Ken Kakena, ex-cofondateur et ancien Directeur GĂ©nĂ©ral de Wizall Money CĂŽte dâIvoire, dĂ©voile sa nouvelle aventure entrepreneuriale : Mekka. La startup, actuellement en levĂ©e de fonds ($1M), cible un segment encore massivement dominĂ© par le cash. En effet, plus de 1 500 milliards de dollars de paiements interentreprises seraient encore rĂ©alisĂ©s en espĂšces chaque annĂ©e sur le continent.
Mekka se positionne comme une plateforme complĂšte de gestion financiĂšre et transactionnelle, pensĂ©e pour les rĂ©alitĂ©s opĂ©rationnelles des entreprises africaines â quâelles soient formelles ou informelles. Au-delĂ du paiement, la solution vise Ă rĂ©concilier gestion quotidienne et digitalisation des flux financiers.
Son offre sâorganise autour de plusieurs modules intĂ©grĂ©s :
Outils de gestion métier : facturation mobile simplifiée, suivi de trésorerie en temps réel, rapprochement automatisé des paiements, reporting financier, gestion des commandes et des encaissements.
Paiement multi-canal : encaissement via mobile money, virements bancaires, remises dâespĂšces sur le terrain (grĂące Ă un rĂ©seau dâagents fixes et mobiles), et gestion des rĂšglements fournisseurs.
Services Ă destination des grands comptes : intĂ©gration directe dans les processus mĂ©tier des grandes entreprises et institutions, avec des solutions de facturation digitale et de cash tracking permettant de superviser lâensemble des remises de fonds effectuĂ©es sur le terrain par les partenaires et clients.
AccÚs au financement : analyse des flux transactionnels pour générer des scores de crédit alternatifs, ouverture future vers des facilités de type Buy Now Pay Later et financement fournisseurs.
Lâune des forces du modĂšle Mekka rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă combiner une plateforme SaaS mobile-first avec un rĂ©seau dâagents physiques, indispensable pour adresser la zone grise entre cash et digital qui caractĂ©rise encore de larges pans du tissu entrepreneurial africain.
Sur le plan rĂ©glementaire, Mekka vise lâobtention dâune licence dâĂ©metteur de monnaie Ă©lectronique auprĂšs de la Banque Centrale du Congo. Un positionnement qui lui permettrait de proposer une gamme complĂšte de services financiers, tout en sâancrant dans les cadres de conformitĂ© locaux. En RDC, si le nombre de comptes mobile money est passĂ© de 8,2 millions en 2014 Ă plus de 29 millions en 2024 (ARPTC), le marchĂ© des paiements B2B reste aujourdâhui largement inexploitĂ© et sous-adressĂ©.
Lâobjectif opĂ©rationnel fixĂ© est dâatteindre, sous 18 mois, un volume transactionnel annualisĂ© de $40M et de signer une vingtaine de grandes entreprises clientes.
Crédit digital
7. đšđŹ MoMo Congo lance XtraCash : MTN accĂ©lĂšre lâindustrialisation du crĂ©dit digital en Afrique centrale
Le 30 mai 2025, MoMo Congo a lancĂ© XtraCash, son service de microcrĂ©dit mobile instantanĂ©, dĂ©veloppĂ© en partenariat avec UBA Congo et la fintech Optasia. Accessible directement depuis un tĂ©lĂ©phone mobile, XtraCash permet aux clients MoMo dâaccĂ©der Ă des prĂȘts de 1âŻ000 Ă 100âŻ000 FCFA, sans garantie ni paperasse, grĂące Ă un scoring automatisĂ© par Optasia. LâĂ©ligibilitĂ© exige dâĂȘtre client MoMo depuis au moins 6 mois, dâavoir un compte KYC conforme et de satisfaire aux critĂšres internes de scoring.
Ce lancement sâinscrit dans la stratĂ©gie de MTN de dĂ©ployer Ă grande Ă©chelle son modĂšle bilatĂ©ral avec Optasia, dĂ©jĂ mis en Ćuvre au Cameroun, au LibĂ©ria, au BĂ©nin, en CĂŽte dâIvoire, en Ouganda, en GuinĂ©e, au Soudan du Sud ainsi que sur de nombreux autres marchĂ©s africains. Optasia, partenaire clĂ© pour le scoring et lâautomatisation du crĂ©dit digital, est donc dĂ©sormais le moteur technologique de cette expansion dans les marchĂ©s francophones et anglophones dâAfrique centrale et de lâOuest. Historiquement, MTN sâest aussi appuyĂ© sur JUMO pour ses offres de crĂ©dit digital en Afrique de lâEst et de lâOuest (en Ouganda et au Ghana), et sur Experian pour les scores alternatifs en Afrique du Sud via Chenosis. Ce portefeuille de partenaires permet Ă MTN dâadapter ses modĂšles de scoring et de distribution Ă chaque marchĂ©, tout en industrialisant le dĂ©ploiement du crĂ©dit digital.
La branche fintech de MTN connaĂźt une accĂ©lĂ©ration spectaculaireâŻ:
Au 1er trimestre 2025, les revenus fintech du groupe ont bondi de 25,2âŻ%, tirĂ©s par la forte dynamique des services avancĂ©s (paiements, crĂ©dit, Ă©pargneâŠ), dont les revenus ont progressĂ© de 36,5âŻ% sur la pĂ©riode.
En 2024, le crĂ©dit digital et les services avancĂ©s reprĂ©sentaient dĂ©jĂ 30âŻ% des revenus fintech du groupe, avec une croissance de 52âŻ% sur lâannĂ©e.
Le nombre dâutilisateurs actifs MoMo a atteint 62,2 millions dĂ©but 2025, avec une amĂ©lioration de la rentabilitĂ© et de la monĂ©tisation de la base clients.
MTN poursuit ainsi une stratĂ©gie dâindustrialisation de ses services de crĂ©dit mobile, en sâappuyant sur des modĂšles de scoring IA-led, des partenaires bancaires locaux (UBA) et des fintechs spĂ©cialisĂ©es (Optasia, JUMO, Experian). Cette approche permet de dĂ©ployer rapidement des produits de crĂ©dit adaptĂ©s Ă chaque marchĂ©, tout en maximisant lâeffet dâĂ©chelle et la rentabilitĂ© du segment fintech.
Régulation
8. đšđ© VaultPay obtient l'agrĂ©ment de la Banque Centrale du Congo et accĂ©lĂšre son dĂ©ploiement en RDC

© Playstore
La fintech congolaise VaultPay, incubée par Y Combinator (batch S23), vient d'obtenir l'agrément officiel de la Banque Centrale du Congo (BCC) en tant qu'éditeur de logiciels et solutions monétiques. Cette autorisation lui permet désormais d'opérer légalement sur l'ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo.
Cette licence couvre plusieurs activités clés : émission de cartes (physiques et virtuelles), services d'agrégation de paiements, banque d'agents et intégration directe au systÚme monétique national. VaultPay se positionne ainsi comme un acteur central de l'interopérabilité bancaire en RDC, avec une offre axée sur la conformité réglementaire et l'innovation digitale.
Déjà finaliste du concours Ecobank Fintech Challenge 2024, VaultPay propose une ouverture de compte en une minute, une carte VISA livrée en 24 heures et des services accessibles via mobile, en partenariat avec Ecobank RDC. L'objectif : démocratiser l'accÚs aux services financiers pour les 30 millions d'utilisateurs de smartphones en RDC.
Cette avancĂ©e intervient dans un contexte de croissance soutenue du secteur fintech en RDC, qui a levĂ© 62 millions de dollars en 2023. MalgrĂ© une faible bancarisation (environ 20 %), l'Ă©cosystĂšme bĂ©nĂ©ficie d'un soutien rĂ©glementaire renforcĂ©, notamment avec l'Instruction 58 sur lâinteropĂ©rabilitĂ© des paiements (entrĂ©e en vigueur en 2023, elle oblige dĂ©sormais les Ă©metteurs et agrĂ©gateurs Ă connecter leurs infrastructures aux diffĂ©rentes plateformes nationales et bancaires pour fluidifier les transactions entre acteurs). Lâadoption des services numĂ©riques ne cesse par ailleurs de progresser.
VaultPay illustre ainsi la montée en puissance d'une nouvelle génération de fintechs locales, capables de répondre aux défis structurels du marché congolais tout en s'alignant sur les standards internationaux.
Câest tout pour ce numĂ©ro đ«Ą
Restons engagĂ©s, continuons Ă innover et Ă collaborer pour bĂątir ensemble lâavenir des services financiers et numĂ©riques en Afrique. Ă la prochaine Ă©dition pour suivre, dĂ©crypter et anticiper les grandes Ă©volutions de notre Ă©cosystĂšme.
đââïžLa Team Innogence
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