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Les dernières analyses #2 : Wave 🐧 tenté par la RDC, AXIAN entre au capital de Jumia 🛒, Contre-attaque Orange Money sur le B2B🇾🇳, tontine digitale en Guinée 💰, crédit digital... et bien plus encore.

Mardi 10 juin 2025

Sommaire

  1. đŸ‡šđŸ‡© Wave prĂ©pare son entrĂ©e en RDC : un choc tarifaire imminent sur le mobile money

  2. 🇹🇼 Data vs Voix : la bascule historique des tĂ©lĂ©coms africains s’accĂ©lĂšre, la CĂŽte d’Ivoire franchit un cap

  3. 🇾🇳 Sonatel lance Digicaisse : une contre-offensive structurante face à Wave sur le terrain des commerçants informels

  4. 🇬🇳 FINAFRICA Microfinance GuinĂ©e lance une tontine digitale sur un modĂšle d’agency banking mobile

  5. 🛒 AXIAN Telecom entre au capital de JUMIA : vers une convergence tĂ©lĂ©coms / e-commerce repensĂ©e

  6. đŸ‡šđŸ‡© AprĂšs Wizall, Ken Kakena lance Mekka pour digitaliser les paiements B2B en Afrique francophone

  7. 🇹🇬 MTN accĂ©lĂšre l’industrialisation du crĂ©dit digital en Afrique centrale

  8. đŸ‡šđŸ‡© VaultPay obtient l'agrĂ©ment de la Banque Centrale du Congo et accĂ©lĂšre son dĂ©ploiement en RDC

Lancement

1. đŸ‡šđŸ‡© [EXCLU] Wave prĂ©pare son entrĂ©e en RDC : un choc tarifaire imminent dans le secteur du mobile money

AprĂšs avoir profondĂ©ment reconfigurĂ© les marchĂ©s du SĂ©nĂ©gal, de la CĂŽte d’Ivoire et du Mali, Wave s’apprĂȘte Ă  pĂ©nĂ©trer la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, oĂč les prĂ©paratifs opĂ©rationnels s’accĂ©lĂšrent : recrutement terrain, tests techniques et dĂ©marches rĂ©glementaires sont en cours selon plusieurs sources du marchĂ©.

Avec ses 100 millions d’habitants et un taux de pĂ©nĂ©tration du mobile money toujours infĂ©rieur Ă  30,5 %, la RDC reprĂ©sente un terrain hautement stratĂ©gique pour le modĂšle de Wave, qui repose sur une combinaison de tarifs ultra-compĂ©titifs, d’une expĂ©rience client fluide via mobile, et d’un rĂ©seau d’agents trĂšs structurĂ©.

Analyse d’impact :

L’entrĂ©e de Wave devrait provoquer un choc tarifaire majeur, avec des Ă©carts significatifs par rapport aux standards actuellement pratiquĂ©s par les principaux opĂ©rateurs locaux. Sur la base des tarifs historiques pratiquĂ©s par la fintech, les Ă©carts moyens sur les retraits atteindraient en faveur de Wave : +4,66 points face Ă  Orange Money ; +4,86 points face Ă  M-Pesa, ; +3,67 points face Ă  Airtel Money.

Sur les transferts (envoi), les Ă©carts en faveur de Wave resteraient limitĂ©s sur Orange et M-Pesa (environ +0,3 point), mais deviendraient nuls face Ă  Airtel Money, avec mĂȘme un diffĂ©rentiel en faveur d’Airtel Money sur les montants les plus importants. 

Sur les retraits — cƓur de la rentabilitĂ© historique du mobile money — l’effet de rupture est donc majeur, notamment sur les petits tickets, oĂč les commissions actuelles restent encore trĂšs Ă©levĂ©es.

L’arrivĂ©e de Wave pourrait rapidement forcer un alignement tarifaire massif, Ă  l’image de ce qui a Ă©tĂ© observĂ© au SĂ©nĂ©gal et en CĂŽte d’Ivoire, oĂč les acteurs historiques ont dĂ» revoir l’intĂ©gralitĂ© de leur structure de commissions. Au-delĂ  du pricing, Wave pourrait Ă©galement redessiner l’équilibre des rĂ©seaux d’agents multi-opĂ©rateurs, en cherchant Ă  absorber directement une partie des agents terrain existants, suivant le modĂšle de dĂ©ploiement dĂ©jĂ  expĂ©rimentĂ© Ă  Dakar et Abidjan.

Cette offensive interviendrait dans un Ă©cosystĂšme congolais dĂ©jĂ  dense et fragmentĂ©, oĂč coexistent les opĂ©rateurs historiques de mobile money, les banques commerciales dĂ©ployant leurs propres offres d’agency banking, les IMF, ainsi que des fintechs en pleine croissance.

© Innogence Consulting

Marché des télécoms

2.  Data vs Voix : la bascule historique des tĂ©lĂ©coms africains s’accĂ©lĂšre et la CĂŽte d’Ivoire 🇹🇼 franchit un cap

© Innogence Consulting

La CĂŽte d’Ivoire vient de franchir un cap symbolique dans l’évolution de son marchĂ© mobile : pour la premiĂšre fois, les revenus issus de l’internet mobile ont dĂ©passĂ© ceux de la voix. Selon le rapport T1 2025 de l’ARTCI, la data mobile reprĂ©sente dĂ©sormais 50,1 % des revenus mobiles totaux (125,5 Mds FCFA sur 250,3 Mds FCFA), contre 49,9 % pour la voix et les autres services.

Orange CĂŽte d’Ivoire domine le segment data avec 68,5 Mds FCFA de chiffre d’affaires, suivi de Moov Africa (28,6 Mds FCFA) et de MTN (28,4 Mds FCFA). Une bascule structurelle largement tirĂ©e par la diffusion massive des smartphones, la montĂ©e en charge de la 4G et la croissance soutenue de la consommation data.

Comparatif régional :

Ce phĂ©nomĂšne n’est pas isolĂ© Ă  la CĂŽte d’Ivoire et amorce une recomposition progressive du mix revenus des opĂ©rateurs sur plusieurs marchĂ©s africains :

  • RDC : Les revenus issus de la data mobile (271 millions de dollars) surpassent nettement ceux gĂ©nĂ©rĂ©s par la voix (254 millions de dollars), ce qui confirme que la croissance du secteur data continue de s’accĂ©lĂ©rer au dĂ©triment des services vocaux.

  • Ghana : MTN Ghana affiche dĂ©sormais 2,6 Mds de cedis issus de la data contre 2,3 Mds pour la voix sur 2024 — un basculement confirmĂ©.

  • Kenya : Safaricom reste encore lĂ©gĂšrement dominĂ© par la voix (81,9 Mds KES) mais la data (78,5 Mds KES) connaĂźt une dynamique de croissance annuelle nettement supĂ©rieure (+16,5 % contre +1,8 % pour la voix), signalant un croisement imminent.

  • Nigeria : la voix reste majoritaire, mais la data progresse Ă  trĂšs forte vitesse chez MTN Nigeria (+28,7 % de croissance annuelle sur la data au T1 2025).

  • Rwanda : la voix conserve une courte avance, mais la data reprĂ©sente dĂ©jĂ  74 % des revenus voix chez MTN Rwanda.

Partout, le mouvement est enclenchĂ© : la data devient progressivement le nouveau socle de rentabilitĂ© des tĂ©lĂ©coms africains, sous l’effet combinĂ© de la digitalisation des usages, de la gĂ©nĂ©ralisation des rĂ©seaux 4G et de la baisse des prix des terminaux.

La CĂŽte d’Ivoire et le Ghana confirment ainsi un changement de paradigme qui pourrait rebattre Ă  terme les modĂšles Ă©conomiques historiques des opĂ©rateurs africains, longtemps bĂątis sur la voix.

Déploiement

3. 🇾🇳 Sonatel lance Digicaisse : une contre-offensive structurante face à Wave sur le terrain des commerçants informels

© Playstore

Face Ă  la montĂ©e en puissance de Wave auprĂšs des agents et marchands, Sonatel (filiale d’Orange) lance Digicaisse, une solution de gestion commerciale pensĂ©e pour les petits commerçants et acteurs informels sĂ©nĂ©galais. Un positionnement stratĂ©gique qui vise Ă  consolider la relation de proximitĂ© avec les marchands, tout en intĂ©grant progressivement les services financiers d’Orange Money dans les flux mĂ©tier quotidiens.

DĂ©veloppĂ©e en partenariat avec la startup Proboutik (issue du programme Orange FAB 2022), Digicaisse va bien au-delĂ  de la simple application de paiement. La solution propose un vĂ©ritable companion tool digitalisĂ© pour la gestion d’activitĂ© des commerçants informels :

  • Suivi des ventes, encaissements et dĂ©caissements, gĂ©nĂ©ration automatisĂ©e de reçus.

  • Gestion des crĂ©ances clients/fournisseurs, avec alertes de paiement et enregistrements vocaux pour les utilisateurs non-lecteurs.

  • Suivi des stocks, incluant les dates de pĂ©remption.

  • AccĂšs Ă  une marketplace de partenaires financiers (crĂ©dit, microfinance), facilitant l’accĂšs au financement.

L’intĂ©gration d’une interface audio permet d’adresser directement les commerçants peu ou non alphabĂ©tisĂ©s, dĂ©mocratisant l’entrĂ©e dans la gestion digitale et ouvrant la voie Ă  une formalisation progressive de leurs activitĂ©s.

Analyse :

Au-delĂ  de la rĂ©ponse tactique Ă  Wave, Digicaisse s’inscrit dans une logique d’intĂ©gration verticale inspirĂ©e des modĂšles internationaux comme Paytm en Inde : combiner gestion opĂ©rationnelle, paiement digital et accĂšs au financement dans une mĂȘme interface mĂ©tier. LĂ  oĂč Paytm s’est appuyĂ© sur l’infrastructure UPI indienne, Sonatel doit ici composer avec un marchĂ© africain encore fragmentĂ©, oĂč l'interopĂ©rabilitĂ© est encore en construction.

Dans ce contexte, la montĂ©e en puissance du SPI (SystĂšme de Paiement InstantanĂ©) de la BCEAO pourrait, Ă  moyen terme, offrir un socle d’infrastructures interopĂ©rables permettant Ă  des solutions comme Digicaisse de fluidifier les rĂšglements entre marchands, clients et institutions financiĂšres, et d'accĂ©lĂ©rer l’intĂ©gration du secteur informel aux rĂ©seaux bancaires.

L’enjeu pour Sonatel est double : prĂ©server sa position sur le segment des marchands, tout en structurant des bases de donnĂ©es transactionnelles fiables permettant, demain, d’élargir l’offre de services financiers et de mieux Ă©valuer les besoins de financement du secteur informel.

Crédit/Tontine

4. 🇬🇳 FINAFRICA Microfinance GuinĂ©e lance une tontine digitale sur un modĂšle d’agency banking mobile

© Finafrica

FINAFRICA Microfinance GuinĂ©e (FMG) dĂ©ploie une solution de tontine digitale innovante, combinant Ă©pargne programmĂ©e et collecte mobile sur le terrain. Le dispositif cible les petits commerçants, travailleurs informels et salariĂ©s Ă  faibles revenus, avec un mĂ©canisme d’épargne disciplinĂ©e et totalement adaptĂ© aux rĂ©alitĂ©s cash du marchĂ© guinĂ©en.

Le fonctionnement repose sur un principe de collecte inversĂ©e de proximitĂ© : chaque jour, les collecteurs FMG se dĂ©placent physiquement auprĂšs des souscripteurs pour encaisser les mises en espĂšces, qui sont ensuite crĂ©ditĂ©es en temps rĂ©el sur les comptes bancaires du client via des TPE Android. À la souscription, le client dĂ©termine librement le montant de la mise (Ă  partir de 10 000 GNF), la frĂ©quence (quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle) et la durĂ©e de l’épargne (cycles de 30 jours renouvelables). L'Ă©pargne reste disponible en fin de cycle, sans frais de retrait.

Au-delĂ  de la logique produit, FINAFRICA introduit ici une mĂ©canique hybride qui s’inscrit dans une tendance plus large d’adaptation locale des modĂšles d’épargne assistĂ©e, dĂ©jĂ  observĂ©e sur d’autres marchĂ©s Ă©mergents.
L’approche rappelle les logiques des chamas digitalisĂ©s au Kenya (Chamasoft, Chumz), des tontines automatisĂ©es en Inde (SaveIN, Khatabook) ou des modĂšles historiques d’agents itinĂ©rants en AmĂ©rique latine (Compartamos Banco, BancoSol). Mais lĂ  oĂč ces solutions s’appuient souvent sur des infrastructures digitales plus matures, FMG conserve ici un ancrage terrain fort via les collecteurs mobiles, indispensable sur un marchĂ© encore largement cash et faiblement bancarisĂ©.

La tontine digitale devient ainsi pour FMG un vĂ©ritable outil de prĂ©-bancarisation de masse, combinant discipline d’épargne, sĂ©curisation des flux, et crĂ©ation progressive d’historiques transactionnels exploitables pour l’accĂšs au crĂ©dit. Une logique pragmatique, extrĂȘmement alignĂ©e avec les rĂ©alitĂ©s opĂ©rationnelles du segment informel en Afrique de l’Ouest.

© Finafrica

E-commerce

5. 🛒AXIAN Telecom entre au capital de JUMIA : vers une convergence tĂ©lĂ©coms / e-commerce repensĂ©e

© Jumia

AXIAN Telecom fait son entrĂ©e au capital de JUMIA, Ă  hauteur de 8 %, marquant un repositionnement stratĂ©gique significatif des opĂ©rateurs tĂ©lĂ©coms africains face au e-commerce. LĂ  oĂč les actionnaires historiques (MTN, Orange, Rocket Internet) s’étaient progressivement dĂ©sengagĂ©s ces derniĂšres annĂ©es, le groupe AXIAN adopte une lecture diffĂ©rente de l’équation digitale africaine.

L’histoire des tĂ©lĂ©coms dans JUMIA remonte Ă  la crĂ©ation de la plateforme en 2012. DĂšs les dĂ©buts, MTN, Millicom (Tigo) et Orange avaient investi pour accompagner la montĂ©e en puissance du e-commerce, misant sur la croissance du mobile et des services de paiement digital (Orange Money, MTN Mobile Money) pour crĂ©er des synergies industrielles. Mais les performances financiĂšres longtemps dĂ©ficitaires de JUMIA, combinĂ©es Ă  une stratĂ©gie de recentrage des grands groupes tĂ©lĂ©coms sur leur cƓur de mĂ©tier, ont conduit Ă  une vague de cessions depuis 2019.

Avec AXIAN, c’est une autre logique qui se dessine : celle de la convergence intĂ©grĂ©e. PrĂ©sent sur 9 marchĂ©s africains sur ses activitĂ©s tĂ©lĂ©coms, AXIAN cherche Ă  maĂźtriser l’ensemble de la chaĂźne de valeur numĂ©rique : connectivitĂ©, fintech, distribution physique et e-commerce. À travers JUMIA, le groupe dispose dĂ©sormais d’un levier pour Ă©largir ses Ă©cosystĂšmes de services, en connectant ses activitĂ©s de mobile money (notamment Mixx by Yas), de paiement digital et de logistique, et en proposant une expĂ©rience unifiĂ©e aux utilisateurs finaux.

Le modĂšle s’apparente aux stratĂ©gies d'intĂ©gration verticale dĂ©jĂ  observĂ©es chez Safaricom/M-Pesa au Kenya, oĂč les frontiĂšres entre tĂ©lĂ©coms, services financiers et e-commerce deviennent de plus en plus poreuses. Sur un marchĂ© africain encore trĂšs fragmentĂ© — tant sur le plan logistique que rĂ©glementaire — cette alliance pourrait permettre de mutualiser les investissements, d’optimiser la data et d’accĂ©lĂ©rer l’adoption des usages digitaux au sein d’écosystĂšmes fermĂ©s, Ă  forte rĂ©currence.

Au-delĂ  d’une simple prise de participation financiĂšre, l’entrĂ©e d’AXIAN Telecom dans JUMIA illustre la montĂ©e en puissance de logiques panafricaines souveraines dans la recomposition des plateformes digitales du continent.

Lancement

6. đŸ‡šđŸ‡© AprĂšs Wizall, Ken Kakena lance Mekka pour digitaliser les paiements B2B en Afrique francophone

© Mekka

Ken Kakena, ex-cofondateur et ancien Directeur GĂ©nĂ©ral de Wizall Money CĂŽte d’Ivoire, dĂ©voile sa nouvelle aventure entrepreneuriale : Mekka. La startup, actuellement en levĂ©e de fonds ($1M), cible un segment encore massivement dominĂ© par le cash. En effet, plus de 1 500 milliards de dollars de paiements interentreprises seraient encore rĂ©alisĂ©s en espĂšces chaque annĂ©e sur le continent.

Mekka se positionne comme une plateforme complĂšte de gestion financiĂšre et transactionnelle, pensĂ©e pour les rĂ©alitĂ©s opĂ©rationnelles des entreprises africaines — qu’elles soient formelles ou informelles. Au-delĂ  du paiement, la solution vise Ă  rĂ©concilier gestion quotidienne et digitalisation des flux financiers.

Son offre s’organise autour de plusieurs modules intĂ©grĂ©s :

  • Outils de gestion mĂ©tier : facturation mobile simplifiĂ©e, suivi de trĂ©sorerie en temps rĂ©el, rapprochement automatisĂ© des paiements, reporting financier, gestion des commandes et des encaissements.

  • Paiement multi-canal : encaissement via mobile money, virements bancaires, remises d’espĂšces sur le terrain (grĂące Ă  un rĂ©seau d’agents fixes et mobiles), et gestion des rĂšglements fournisseurs.

  • Services Ă  destination des grands comptes : intĂ©gration directe dans les processus mĂ©tier des grandes entreprises et institutions, avec des solutions de facturation digitale et de cash tracking permettant de superviser l’ensemble des remises de fonds effectuĂ©es sur le terrain par les partenaires et clients.

  • AccĂšs au financement : analyse des flux transactionnels pour gĂ©nĂ©rer des scores de crĂ©dit alternatifs, ouverture future vers des facilitĂ©s de type Buy Now Pay Later et financement fournisseurs.

L’une des forces du modĂšle Mekka rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă  combiner une plateforme SaaS mobile-first avec un rĂ©seau d’agents physiques, indispensable pour adresser la zone grise entre cash et digital qui caractĂ©rise encore de larges pans du tissu entrepreneurial africain.

Sur le plan rĂ©glementaire, Mekka vise l’obtention d’une licence d’émetteur de monnaie Ă©lectronique auprĂšs de la Banque Centrale du Congo. Un positionnement qui lui permettrait de proposer une gamme complĂšte de services financiers, tout en s’ancrant dans les cadres de conformitĂ© locaux. En RDC, si le nombre de comptes mobile money est passĂ© de 8,2 millions en 2014 Ă  plus de 29 millions en 2024 (ARPTC), le marchĂ© des paiements B2B reste aujourd’hui largement inexploitĂ© et sous-adressĂ©.

L’objectif opĂ©rationnel fixĂ© est d’atteindre, sous 18 mois, un volume transactionnel annualisĂ© de $40M et de signer une vingtaine de grandes entreprises clientes.

Crédit digital

7. 🇹🇬 MoMo Congo lance XtraCash : MTN accĂ©lĂšre l’industrialisation du crĂ©dit digital en Afrique centrale

Le 30 mai 2025, MoMo Congo a lancĂ© XtraCash, son service de microcrĂ©dit mobile instantanĂ©, dĂ©veloppĂ© en partenariat avec UBA Congo et la fintech Optasia. Accessible directement depuis un tĂ©lĂ©phone mobile, XtraCash permet aux clients MoMo d’accĂ©der Ă  des prĂȘts de 1 000 Ă  100 000 FCFA, sans garantie ni paperasse, grĂące Ă  un scoring automatisĂ© par Optasia. L’éligibilitĂ© exige d’ĂȘtre client MoMo depuis au moins 6 mois, d’avoir un compte KYC conforme et de satisfaire aux critĂšres internes de scoring.

Ce lancement s’inscrit dans la stratĂ©gie de MTN de dĂ©ployer Ă  grande Ă©chelle son modĂšle bilatĂ©ral avec Optasia, dĂ©jĂ  mis en Ɠuvre au Cameroun, au LibĂ©ria, au BĂ©nin, en CĂŽte d’Ivoire, en Ouganda, en GuinĂ©e, au Soudan du Sud ainsi que sur de nombreux autres marchĂ©s africains. Optasia, partenaire clĂ© pour le scoring et l’automatisation du crĂ©dit digital, est donc dĂ©sormais le moteur technologique de cette expansion dans les marchĂ©s francophones et anglophones d’Afrique centrale et de l’Ouest. Historiquement, MTN s’est aussi appuyĂ© sur JUMO pour ses offres de crĂ©dit digital en Afrique de l’Est et de l’Ouest (en Ouganda et au Ghana), et sur Experian pour les scores alternatifs en Afrique du Sud via Chenosis. Ce portefeuille de partenaires permet Ă  MTN d’adapter ses modĂšles de scoring et de distribution Ă  chaque marchĂ©, tout en industrialisant le dĂ©ploiement du crĂ©dit digital.

La branche fintech de MTN connaĂźt une accĂ©lĂ©ration spectaculaire :

  • Au 1er trimestre 2025, les revenus fintech du groupe ont bondi de 25,2 %, tirĂ©s par la forte dynamique des services avancĂ©s (paiements, crĂ©dit, Ă©pargne
), dont les revenus ont progressĂ© de 36,5 % sur la pĂ©riode.

  • En 2024, le crĂ©dit digital et les services avancĂ©s reprĂ©sentaient dĂ©jĂ  30 % des revenus fintech du groupe, avec une croissance de 52 % sur l’annĂ©e.

  • Le nombre d’utilisateurs actifs MoMo a atteint 62,2 millions dĂ©but 2025, avec une amĂ©lioration de la rentabilitĂ© et de la monĂ©tisation de la base clients.

MTN poursuit ainsi une stratĂ©gie d’industrialisation de ses services de crĂ©dit mobile, en s’appuyant sur des modĂšles de scoring IA-led, des partenaires bancaires locaux (UBA) et des fintechs spĂ©cialisĂ©es (Optasia, JUMO, Experian). Cette approche permet de dĂ©ployer rapidement des produits de crĂ©dit adaptĂ©s Ă  chaque marchĂ©, tout en maximisant l’effet d’échelle et la rentabilitĂ© du segment fintech.

 

Régulation

8. đŸ‡šđŸ‡© VaultPay obtient l'agrĂ©ment de la Banque Centrale du Congo et accĂ©lĂšre son dĂ©ploiement en RDC

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La fintech congolaise VaultPay, incubée par Y Combinator (batch S23), vient d'obtenir l'agrément officiel de la Banque Centrale du Congo (BCC) en tant qu'éditeur de logiciels et solutions monétiques. Cette autorisation lui permet désormais d'opérer légalement sur l'ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo.

Cette licence couvre plusieurs activités clés : émission de cartes (physiques et virtuelles), services d'agrégation de paiements, banque d'agents et intégration directe au systÚme monétique national. VaultPay se positionne ainsi comme un acteur central de l'interopérabilité bancaire en RDC, avec une offre axée sur la conformité réglementaire et l'innovation digitale.

Déjà finaliste du concours Ecobank Fintech Challenge 2024, VaultPay propose une ouverture de compte en une minute, une carte VISA livrée en 24 heures et des services accessibles via mobile, en partenariat avec Ecobank RDC. L'objectif : démocratiser l'accÚs aux services financiers pour les 30 millions d'utilisateurs de smartphones en RDC.

Cette avancĂ©e intervient dans un contexte de croissance soutenue du secteur fintech en RDC, qui a levĂ© 62 millions de dollars en 2023. MalgrĂ© une faible bancarisation (environ 20 %), l'Ă©cosystĂšme bĂ©nĂ©ficie d'un soutien rĂ©glementaire renforcĂ©, notamment avec l'Instruction 58 sur l’interopĂ©rabilitĂ© des paiements (entrĂ©e en vigueur en 2023, elle oblige dĂ©sormais les Ă©metteurs et agrĂ©gateurs Ă  connecter leurs infrastructures aux diffĂ©rentes plateformes nationales et bancaires pour fluidifier les transactions entre acteurs). L’adoption des services numĂ©riques ne cesse par ailleurs de progresser.

VaultPay illustre ainsi la montée en puissance d'une nouvelle génération de fintechs locales, capables de répondre aux défis structurels du marché congolais tout en s'alignant sur les standards internationaux.

 

C’est tout pour ce numĂ©ro đŸ«Ą

Restons engagĂ©s, continuons Ă  innover et Ă  collaborer pour bĂątir ensemble l’avenir des services financiers et numĂ©riques en Afrique. À la prochaine Ă©dition pour suivre, dĂ©crypter et anticiper les grandes Ă©volutions de notre Ă©cosystĂšme.

đŸƒâ€â™‚ïžLa Team Innogence

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